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Bruno Daniel, je suis né le 08 mai 1965 à Les Damps, marié, 4 enfants et j'habite notre commune depuis 1993.

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 14:20

 

L’image habituelle de la Normandie est celle d’un pays humide et très vert sous un ciel gris. La pluviosité est presque également répartie tout au long de l’année : la Neuville reste verte en été. Les pluies de Mai à Septembre (300mm) ne profitent qu’à la végétation et ne reconstituent pas les réserves souterraines : sources et nappe phréatique. Il y a donc assez d’eau pour la végétation mais pas pour les animaux et les hommes.

Château AnquetilEn effet, notre sous-sol est constitué de craie (ou marne) épaisse d’une centaine de mètres et crevassée d’une multitude de failles qui le rendent imperméable. La partie supérieure de cette craie est décomposée en une couche d’argile à silex de plusieurs centimètres donc perméable.

La solution classique : aller chercher cette eau par un puits. Il faut donc creuser à une centaine de mètres pour tomber sur une poche ou sur un courant souterrain. Creuser un puits était donc très aléatoire et ne pouvait être entrepris que par une grosse ferme. Au siècle dernier, Jules de Maupassant (grand-père de Guy), propriétaire du Château de La Neuville (actuellement le Château Anquetil), fait creuser un puits sans trouver d’eau.

Plutôt que d’aller chercher l’eau à 5km dans la vallée de l’Andelle, ou de creuser en profondeur, on pense à la garder en surface en l’empêchant de s’infiltrer : les Mares.

Mare VerbocDans notre forêt de Longboël, il y avait des mares qui ont déterminé les premières implantations humaines. En les observant, Les Neuvillais ont amélioré et étendu ces dispositions naturelles en tapissant le fond d’une argile pure (sans silex) bien tassée pour les rendre imperméables. Enfin, l’évaporation est limitée en mettant une partie de la mare à l’ombre avec une plantation d’ormes ou de hêtres surtout vers le Sud (La mare Verboc creusée par Enguerrand de Marigny).

A La Neuville Chant d’Oisel, les mares sont un élément important. Chaque ferme a donc au moins une mare. Au milieu des champs, pour éviter de ramener les animaux au village, d’autres mares peuvent les abreuver : mare aux Chevaux, mare aux Corps Sain. A côté de ces innombrables mares individuelles, on aménage de grandes mares communales : mare Verboc, Mare Joncquemare, mare de l’Etoquey.

Jusqu’au XIX° siècle, la mare sera exclusivement la seule source d’alimentation en eau.

Pour les besoins domestiques, il est sûr que la consommation était dérisoire par rapport à aujourd’hui. Cidrerie-Monnier.jpgOn buvait du cidre (Monnier) que l’on coupait avec de l’eau, on se lavait dans quelques litres dans une cuvette, qui servait ensuite à faire la vaisselle, on nettoyait le linge sur le bord des mares en s’avançant sur une étroite planche posée sur pilotis (mare aux Corps Sains)… Mais c’était le lavage de tous les instruments de traitement du lait qui en consommait le plus.

En fait, les plus gros consommateurs d’eau sont les animaux. Chevaux, bovins, ovins viennent à la mare Verboc, l’abordent par le côté le moins profond, en pente douce. Ils s’y abreuvent, s’y roulent, s’y soulagent.Mare Verboc Dans les fermes, une partie de la basse-cour : canards, poules, oies vivent auprès de la mare. Dans le village enfin, les artisans ont des spécialités qui consomment très peu d’eau : fileuse, charron, tisserand, forgeron, maréchal-ferrant…Deux mares à La Neuville sont spécialisées : la mare à Chanvre et la mare Joncquemare dans lesquelles les vanniers assouplissaient leurs osiers.Fermes

 

Suite partie 2

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Published by bruno - dans Lieux de mémoire