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Bruno Daniel, je suis né le 08 mai 1965 à Les Damps, marié, 4 enfants et j'habite notre commune depuis 1993.

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 14:21

 

FermesA la fin du XIX° siècle, la mare va, heureusement, perdre son exclusivité de source d’approvisionnement d’eau. En effet, les toits de chaume disparaissent et sont remplacés par des couvertures en ardoises et tuiles, ce qui permet avec des gouttières de récupérer l’eau dans des citernes enterrées à l’abri des apports extérieures. Cette eau n’est pas , pour autant, potable : elle est chargée de poussières et de dépôts de toitures, mais infiniment moins dangereuse que l’eau des mares. Cette citerne est coiffée d’une margelle avec un moulinet, ce qui nous ferait croire qu’il y a un puits ! l’eau de la citerne va couvrir les besoins des hommes et ceux des animaux.

La révolution industrielle va révéler les limites de l’eau sur la Neuville Chant d’Oisel. Ces eaux stagnantes ne peuvent rien contre l’eau courante et abondante des rivières des vallées voisines : l’Andelle...Ces vallées voient s’installer fabriques, filatures, tissages, teintureries…Notre population descend chercher du travail et notre village se dépeuple. A La Neuville Chant d’Oisel, on passe de 1551 habitants en 1831 à 748 en 1921.

LafossasAprès la sécheresse de 1921, les mares et les citernes s’avèrent toujours insuffisantes. La question de l’équipement de la commune en eau sous pression revient régulièrement dans les délibérations du Conseil Municipal. Repoussé parce que trop cher, il faut la sécheresse de 1949 et 1954 pour voir se réaliser progressivement  à partir de 1956 le réseau d’eau communal. Les eaux récupérées en abondance dans les vallées voisines (captage de St Aubin Epinay, de Radepont…) sont ramenées chez nous via le Château d’eau, construction la plus haute de La Neuville  Chant d’Oisel.

Forge-Foubert.jpgDès l’arrivée de l’eau courante, les mares se remplissent de déchets et d’ordures : mare aux Corps Sains, mare Foubert, mare à Chanvre…entre 1956 et 1965. Beaucoup d’autres mares disparaissent dans les cours de ferme et dans les champs. Sur une trentaine de mares recensées en 1950 par Jules Lamy, il n’en reste qu’une dizaine. Les grandes mares résistent mieux : la mare de l’Etoquey à la sortie de La Neuville en direction de Romilly, la mare Verboc  (au carrefour rue des Andelys et rue de l’église) et la mare Joncquemare au centre du village (après la mairie).Mare Joncquemare

De l’eau de la mare à l’eau du robinet, c’est le progrès et le confort. Mais à quel prix ! Si le prix de l’eau relève d’un autre débat, il a une incidence sur le retour partiel à l’ancien système pour certains usages : arrosage, chasse d’eau…

Il faut que les mares disparaissent pour qu’on découvre toute leur utilité au-delà de leur rôle écologique : elles limitent le ruissèlement, évitent les coulées boueuses, permettent l’épuration et la décantation des eaux, et enfin restent un outil pédagogique pour la connaissance de notre patrimoine,  un lieu social (la pêche), de rencontre et un élément paysager caractéristique de la France rurale.


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Source : Histoires d’ici et ailleurs / B.  Groult, J.M. Crevel et M. Patard

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