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Bruno Daniel, je suis né le 08 mai 1965 à Les Damps, marié, 4 enfants et j'habite notre commune depuis 1993.

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 18:08

 

Un château existait au même emplacement que l'actuel et sa façade donnait vers la plaine.
 
En 1760, Pierre Alexis Asselin Desparts, Seigneur du Chant d'Oisel, Chevalier de St Louis et Conseiller à la Cour des Comptes, construit ce château, de style Louis XIII, tel que nous le connaissons actuellement avec face sur la rue des Andelys. Une ardoise gravée dit : « J’ai été posé le 3 août 1785 par Louis Jules Asselin Desparts, chevalier de Saint Louis, conseiller à la cour des Comptes, Seigneur du Chant d’Oisel, lequel a bâti ce château en 1760… ».
En 1781, Louis Jules Asselin Desparts hérite de son père, devient Seigneur du Chant d'Oisel et conseiller municipal de 1805 à 1813. L'armoirie de la famille Asselin Desparts, d'azur, à la face d'argent, est chargée de trois roses de gueules, accompagnées de trois molettes d'éperon d'argent. A la mort de celui-ci en 1816, sa soeur, Anne Jeanne Rémi Asselin Desparts, mariée à Louis Adrien Lucas de Lestanville hérite du domaine. La grille d’entrée, malheureusement absente aujoud'hui à la suite de ce mariage, se trouve à ce jour au Château de Bosc-Oursel à Letteguives, elle porte cette curieuse citation : « Demulcet vitae taedia Cantus Avis » (Le chant de l’oiseau adoucit l’amertume de la vie) qui devint la devise de la commune.
Château du Chant d'Oisel
En 1850, la famille de Lestanville céde le Château du Chant d'Oisel à un avocat de Rouen, M. Adolphe Archier. A la suite de son acquisition, M. Archier modifie l'entrée qui se trouvait face au château et la déplaçe sur la droite.
En 1893, le domaine est vendu à M. Emard Baudry, apparenté aux de Lestanville, il supprime les murs d'enceinte et plante des haies et des arbres. Maire de 1896 à 1910, puis de 1935 à 1939, il est conseiller municipal sans interruption durant 43 ans. Durant la première guerre mondiale, trois bombes de l'aviation allemande tombent à proximité du château et occasionnent, momentanément  la fermeture de la rue des Andelys.
Actuellement, ce château est habité par M. et Mme Faroult.
Derrière le château, existe encore un ancien colombier dont nous ignorons la date de construction (XVIII°). Son allure présente une sérieuse analogie avec l' édifice de Mesnil-Raoul.
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 17:55

A la fin du 19ème  siècle, le cordonnier Charles Romon (1877-1934) rencontre Charlotte, fille d’ébéniste, à Paris. Il épouse Charlotte, abandonne la cordonnerie pour reprendre le métier de son beau-père.

Charles Romon

Charles Romon

Leur fils René, qui exerce aussi le métier d’ébéniste, s’installe en Normandie en 1922 et plus particulièrement dans notre village de La Neuville Chant d'Oisel. Pour aménager la maison, vers 1930, le père et le fils sculptent deux magnifiques portes en chêne de style néo-gothique.

Portes Sculptées à La Neuville Chant d'Oisel

Sur la porte de gauche figure l’Ange au sourire de Reims tandis que celle de droite présente la Tentation d’Adam et Eve, ces deux reliefs sont entourés de nombreux motifs de style néo-gothique.

Portes Sculptées à La Neuville Chant d'Oisel
Portes Sculptées à La Neuville Chant d'Oisel
Facture Romon

Facture Romon

Plaque dans le cimetière de La Neuville

Plaque dans le cimetière de La Neuville

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 14:20

 

L’image habituelle de la Normandie est celle d’un pays humide et très vert sous un ciel gris. La pluviosité est presque également répartie tout au long de l’année : la Neuville reste verte en été. Les pluies de Mai à Septembre (300mm) ne profitent qu’à la végétation et ne reconstituent pas les réserves souterraines : sources et nappe phréatique. Il y a donc assez d’eau pour la végétation mais pas pour les animaux et les hommes.

Château AnquetilEn effet, notre sous-sol est constitué de craie (ou marne) épaisse d’une centaine de mètres et crevassée d’une multitude de failles qui le rendent imperméable. La partie supérieure de cette craie est décomposée en une couche d’argile à silex de plusieurs centimètres donc perméable.

La solution classique : aller chercher cette eau par un puits. Il faut donc creuser à une centaine de mètres pour tomber sur une poche ou sur un courant souterrain. Creuser un puits était donc très aléatoire et ne pouvait être entrepris que par une grosse ferme. Au siècle dernier, Jules de Maupassant (grand-père de Guy), propriétaire du Château de La Neuville (actuellement le Château Anquetil), fait creuser un puits sans trouver d’eau.

Plutôt que d’aller chercher l’eau à 5km dans la vallée de l’Andelle, ou de creuser en profondeur, on pense à la garder en surface en l’empêchant de s’infiltrer : les Mares.

Mare VerbocDans notre forêt de Longboël, il y avait des mares qui ont déterminé les premières implantations humaines. En les observant, Les Neuvillais ont amélioré et étendu ces dispositions naturelles en tapissant le fond d’une argile pure (sans silex) bien tassée pour les rendre imperméables. Enfin, l’évaporation est limitée en mettant une partie de la mare à l’ombre avec une plantation d’ormes ou de hêtres surtout vers le Sud (La mare Verboc creusée par Enguerrand de Marigny).

A La Neuville Chant d’Oisel, les mares sont un élément important. Chaque ferme a donc au moins une mare. Au milieu des champs, pour éviter de ramener les animaux au village, d’autres mares peuvent les abreuver : mare aux Chevaux, mare aux Corps Sain. A côté de ces innombrables mares individuelles, on aménage de grandes mares communales : mare Verboc, Mare Joncquemare, mare de l’Etoquey.

Jusqu’au XIX° siècle, la mare sera exclusivement la seule source d’alimentation en eau.

Pour les besoins domestiques, il est sûr que la consommation était dérisoire par rapport à aujourd’hui. Cidrerie-Monnier.jpgOn buvait du cidre (Monnier) que l’on coupait avec de l’eau, on se lavait dans quelques litres dans une cuvette, qui servait ensuite à faire la vaisselle, on nettoyait le linge sur le bord des mares en s’avançant sur une étroite planche posée sur pilotis (mare aux Corps Sains)… Mais c’était le lavage de tous les instruments de traitement du lait qui en consommait le plus.

En fait, les plus gros consommateurs d’eau sont les animaux. Chevaux, bovins, ovins viennent à la mare Verboc, l’abordent par le côté le moins profond, en pente douce. Ils s’y abreuvent, s’y roulent, s’y soulagent.Mare Verboc Dans les fermes, une partie de la basse-cour : canards, poules, oies vivent auprès de la mare. Dans le village enfin, les artisans ont des spécialités qui consomment très peu d’eau : fileuse, charron, tisserand, forgeron, maréchal-ferrant…Deux mares à La Neuville sont spécialisées : la mare à Chanvre et la mare Joncquemare dans lesquelles les vanniers assouplissaient leurs osiers.Fermes

 

Suite partie 2

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 17:20

La Grange Dimeresse (ou dimière), souvent aussi nommée grange aux dîmes dans les intitulés locaux, est un bâtiment qui avait pour fonction, entre autres, de servir à entreposer la collecte de la dîme, impôt de l'ancien régime portant principalement sur les revenus agricoles (blé, avoine, seigle…) collectés en faveur de l'Église Catholique. Bien que cet impôt puisse être versé aussi en argent, il était très souvent perçu en nature, un dixième de la récolte y était regroupé et ensuite redistribué aux différents bénéficiaires de la région.

A La Neuville, il est encore possible de voir l’une des deux dernières granges dimières ayant existé. Elle se situe dans la rue de la chaussée du roi.

grange-dimiere.jpgEn l’An I (1792-1793), on installa une halle dans cette grange où les cultivateurs étaient tenus d’apporter leurs blés et autres grains, le jeudi de chaque semaine.

Entouré de verdure, de chevaux et de quelques ânes, ce bâtiment appartenait à M. Gaston Delesque (maire de notre commune), il possède à sa base une pierre qui porte une inscription en partie lisible. "j'ai été posée par Marie-Marguerite Gaudoit". Les Gaudoit étaient une famille de notables de la Neuville, souvent présents dans les archives municipales lors des toutes premières délibérations.pierre-grange.jpgLa maison d’habitation, située près de la grange, portait une date 1720, maintenant disparue depuis sa restauration.

La dîme est un des privilèges qui fût abolie le 4 août 1789.

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 09:53

Mare VerbocTelle qu’elle se présente actuellement, il est aisé de voir  qu’elle est de deux époques bien distinctes. La plus ancienne datant du 13ème siècle, et la plus récente, en briques, comme l’atteste une pierre frontale de 1789. L’ancienne  porte d’entrée donnant dans la rue du Boc porte sur ses piliers la date de 1796 (cachée par le lierre). Cette propriété, au siècle dernier, avait l’allure de château, et le verger qui l’entourait était planté d’arbres d’essences rares.

Une mare, située en face du domaine, fut creusée au début du 14ème siècle, sur l’ordre d’Enguerrand de Marigny, face à sa propriété. Étant anciennement entourée de taillis et d’aulnes pour limiter l’évaporation de l’eau, elle portait le nom de Bosquet Vert.

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 09:59

La forêt royale de Longboël étant devenue « bien national » à la révolution, une portion fut cédée le 10 décembre 1833 à la famille de M. Jules Pierre Louis de Maupassant. Une maison à l’italienne qui ne prit les allures de château que bien plus tard, fût construite en 1835.

Le domaine fut le rendez-vous de l’élite des sciences et des arts de Rouen. Gustave Flaubert, ami intime de la famille, y séjourna bien souvent et fut témoin aux mariages des Poittevin et Cordhomme ; Hippolyte Bellangé, peintre distingué, le ténor Achard….
Gustave de Maupassant par H Bellange

Guy de Maupassant fit de nombreux séjours chez son grand-père à La Neuville, et nul doute que le calme et la poésie du lieu l’aient inspiré dans ses œuvres.
Extrait de la lettre de Guy de Maupassant envoyée à Louis Le Poittevin (fils d’Alfred Le Poittevin, oncle de Maupassant) en 1868 :
« Cher cousin, […] quand j’ai été à Rouen à la fin des grandes vacances dernières, tu n’y était pas ; et lorsque ma mère et ma tante vous ont vus à La Neuville j’étais enfermé dans mon cloître d’Yvetot. […] »
En 1869, c'est le peintre Louis Le Poittevin, cousin de Guy de Maupassant, qui s'installe dans cette maison bourgeoise; Elle sera restaurée en 1874 par l'architecte Janet.
Le 19 septembre 1872, suivant acte dressé par Levillain, notaire à Boos, il vendit son domaine à M. Lenepveu - Decaux. Ceux-ci firent d'importantes modifications : construction d'un second étage et d'une aile sur la gauche du château. Décédé en 1909 et son épouse en 1924, ils sont inhumés à Ecouis.Château Anquetil
Le 28 juin 1924, Paul Lenepveu vend le domaine à M. Jacques Wattebled, originaire du nord.

En 1961, Le Château devint la propriété de Jacques Anquetil, il décida de s’y installer avec sa famille à partir de 1969 et la nomma « Le Château des Elfes ». Une stèle fut installée devant l’entrée du Château le 25 mai 1991 en présence de Bernard Hinault. 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 14:21

 

FermesA la fin du XIX° siècle, la mare va, heureusement, perdre son exclusivité de source d’approvisionnement d’eau. En effet, les toits de chaume disparaissent et sont remplacés par des couvertures en ardoises et tuiles, ce qui permet avec des gouttières de récupérer l’eau dans des citernes enterrées à l’abri des apports extérieures. Cette eau n’est pas , pour autant, potable : elle est chargée de poussières et de dépôts de toitures, mais infiniment moins dangereuse que l’eau des mares. Cette citerne est coiffée d’une margelle avec un moulinet, ce qui nous ferait croire qu’il y a un puits ! l’eau de la citerne va couvrir les besoins des hommes et ceux des animaux.

La révolution industrielle va révéler les limites de l’eau sur la Neuville Chant d’Oisel. Ces eaux stagnantes ne peuvent rien contre l’eau courante et abondante des rivières des vallées voisines : l’Andelle...Ces vallées voient s’installer fabriques, filatures, tissages, teintureries…Notre population descend chercher du travail et notre village se dépeuple. A La Neuville Chant d’Oisel, on passe de 1551 habitants en 1831 à 748 en 1921.

LafossasAprès la sécheresse de 1921, les mares et les citernes s’avèrent toujours insuffisantes. La question de l’équipement de la commune en eau sous pression revient régulièrement dans les délibérations du Conseil Municipal. Repoussé parce que trop cher, il faut la sécheresse de 1949 et 1954 pour voir se réaliser progressivement  à partir de 1956 le réseau d’eau communal. Les eaux récupérées en abondance dans les vallées voisines (captage de St Aubin Epinay, de Radepont…) sont ramenées chez nous via le Château d’eau, construction la plus haute de La Neuville  Chant d’Oisel.

Forge-Foubert.jpgDès l’arrivée de l’eau courante, les mares se remplissent de déchets et d’ordures : mare aux Corps Sains, mare Foubert, mare à Chanvre…entre 1956 et 1965. Beaucoup d’autres mares disparaissent dans les cours de ferme et dans les champs. Sur une trentaine de mares recensées en 1950 par Jules Lamy, il n’en reste qu’une dizaine. Les grandes mares résistent mieux : la mare de l’Etoquey à la sortie de La Neuville en direction de Romilly, la mare Verboc  (au carrefour rue des Andelys et rue de l’église) et la mare Joncquemare au centre du village (après la mairie).Mare Joncquemare

De l’eau de la mare à l’eau du robinet, c’est le progrès et le confort. Mais à quel prix ! Si le prix de l’eau relève d’un autre débat, il a une incidence sur le retour partiel à l’ancien système pour certains usages : arrosage, chasse d’eau…

Il faut que les mares disparaissent pour qu’on découvre toute leur utilité au-delà de leur rôle écologique : elles limitent le ruissèlement, évitent les coulées boueuses, permettent l’épuration et la décantation des eaux, et enfin restent un outil pédagogique pour la connaissance de notre patrimoine,  un lieu social (la pêche), de rencontre et un élément paysager caractéristique de la France rurale.


Revenir à la partie 1

 

Source : Histoires d’ici et ailleurs / B.  Groult, J.M. Crevel et M. Patard

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