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Bruno Daniel, je suis né le 08 mai 1965 à Les Damps, marié, 4 enfants et j'habite notre commune depuis 1993.

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 11:06

A cette époque, c’était la commune de Notre-Dame-de-Franqueville qui était chef-lieu de canton. Par la loi du 3 vendémiaire de l’an X ( 25 septembre 1801), des hommes de loi enlevaient le chef-lieu à Franqueville et le donnèrent à Boos. Le canton de Franqueville qui était le septième canton du département de la Seine-Inférieure comprenait les communes de Notre-Dame-de-Franqueville, La Neuville, Franquevillette, Fresne-le-Plan, Belbeuf, Saint-Pierre, Celloville, Quévreville, Ymare, Mesnil-Raoult, Epinay, Montmain, Le Becquet, La-Mivoie, Gouy, Saint-Aubin-la-Rivière, Saint-Aubin-la-Campagne et Authieux.

Voici l’arrêté du Directoire exécutif adressé à M. Charles Gaillard, président de l’administration du canton de Franqueville :

« Nous vous adressons l’arrêté ci-après du Directoire exécutif qui détermine la mode de célébration de la Fête de l’Agriculture qui doit avoir lieu dans notre beau canton de Franqueville, le 10 messidor (27 juin). Vous vous empresserez de raviver cette branche si intéressante de la prospérité publique en donnant à cette Fête ce caractère d’une grande et noble simplicité qui porte le respect dans les âmes, l’encouragement dans les cœurs et donne à tous les citoyens la soif de la prospérité publique […] Le Directoire exécutif a fait tous ses efforts. Vous voudrez bien, citoyens, unir vos efforts aux nôtres pour donner l’éclat que mérite cette belle Fête.

Salut et Fraternité »

Cette Fête est annoncée à 8 heures du matin dans toutes les communes du canton au son des cloches jusqu’à 8 heures 30.

Marche du cortège :

Le cortège, rangé dans l’ordre suivant : les commissaires, les tambours de la Garde nationale, les gardes Nationales, le président du canton avec à ses côtés les maires des communes, les membres du Tribunal de la Paix munis d’un bouquet de bleuets, les gardes forestiers, les gardes champêtres, les instituteurs à la tête de leurs élèves et, enfin, tous les bons républicains partait de Boos à midi et se rendait à Franqueville dans le parc du château de Vintimille et ensuite au temple décadaire (Eglise de Franqueville).

A la tête du cortège, marchait M. Bosq, huissier à Franqueville, portant une bannière sur laquelle était inscrit : Soumission aux lois. A ses côtés, M. Bétille, maire de La Neuville et juge de paix du canton. Suivaient les gardes forestiers, avec en haut de leur fusil une branche de houx et portant une bannière : Respect aux propriétés. Ensuite venaient les gardes champêtres portant comme armes, des piques hallebardes avec en haut des épis de blé. Venaient après, un groupe de citoyens notables en cravate tricolore avec M. Glasson de Fresne-le-Plan portant une bannière formée d’une couronne d’épis de blé sur laquelle était inscrit : la République les a tous réunis. Suivaient les groupes représentant l’industrie, le commerce, les arts, les sciences et les maîtres d’école (M. Poyer de La Neuville) avec leurs élèves précédés par l’inscription : Amour au Gouvernement. Puis finalement, le groupe des cultivateurs, tenant dans leurs mains  des ustensiles de la culture ornés de fleurs des champs, entourant une charrue derrière laquelle marchaient trois jeunes filles blondes vêtues de blanc et ornées de ceinture tricolore portant une bannette d’épis de blé. C’est au son des tambours et  de la musique  et des chants patriotiques que le cortège se dirigeait au château de Franqueville.

Arrivée du cortège :

Le parc du château était jugé de fleurs. A l’extrémité,  on avait élevé un autel de gazon où se trouvait la statue de la Liberté et de la Nature ornées de drapeaux tricolores. Après le chant de l’Hymne à la Liberté, le président Charles Gaillard prononce un discours dédié à l’agriculture et à la profession du laboureur. Aussitôt le discours terminé, le président annonce que l’intelligence, l’activité et la bonne conduite du citoyen Philippe Hardy de La Neuville-Champ-d’Oisel, lui ont mérité d’être proposé pour exemple. Il cite son nom  et l’invite à monter sur l’autel et lui remet un semoir en toile fine bordé d’un ruban aux trois couleurs sur lequel était inscrit : « Prix donné au citoyen Philippe Hardy père, cultivateur en la commune de Laneuville-Champ-d’Oisel le jour de la Fête de l’Agriculture ». Après cela, au son des tambours et de la musique et des chants, le président prend les manchons de la charrue, enfonce le soc et creuse un long sillon. Pendant ce temps, les 3 jeunes filles distribuent des fleurs et leurs épis de blé.

Arrivée à l’Eglise de Franqueville :

Pendant que le cortège se rend au temple décadaire  et que chacun dépose le bouquet de fleurs qu’il tenait, les cloches sonnent à toute volée. L’intérieur de l’Eglise est décoré de drapeaux et d’inscriptions patriotiques « Gloire à la République », « Paix à l’homme juste ». Devant l’autel se dressent 4 statues : La Souveraineté du Peuple, La Liberté, La Nature et L’Egalité. Le président invite le plus âgé des vieillards à venir chanter les couplets du chant des citoyens et fait un discours : […] Ces temps malheureux sont écoulés […] vous allez bientôt jouir des douceurs de la paix générale. Vous, citoyen Philippe Hardy, de La Neuville, qui se trouve à côté de moi comme avant été choisi comme exemple, continuez à toujours suivre les bons moyens, à les transmettre à tous ces bons cultivateurs du canton : travaillez cette terre pour qu’elle soit toujours féconde pour donner au peuple la nourriture dont il a besoin, car l’Agriculture c’est la mère nourricière, la source de toutes les richesses. » Après l’accolade fraternelle, ce fut l’invocation à l’Eternel, chanté en chœur par tous les citoyens présents, puis suit la célébration de quelques mariages.

Le cortège reprend ces rangs et retourne à Boos dans le même ordre. Le président annonce l’ouverture d’un banquet civique où les citoyens partagent un repas dans la gaieté et la fraternité.

« A la République Française

Aux époux tendrement unis

A la prospérité des Agriculteurs »

 

Lecture du " Grand Cortège Républicain" écrit par Ernest Vaussier en 1911

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Published by bruno - dans Fêtes
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