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Bruno Daniel, je suis né le 08 mai 1965 à Les Damps, marié, 4 enfants et j'habite notre commune depuis 1993.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 09:49


Le constructeur de Martainville, Jacques Le Pelletier, fils d'une riche famille de commerçants rouennais et lui même armateur acquiert en 1481 le fief de Martainville, vaste à ce moment de 25 hectares. Il entreprend durant une dizaine d'années la construction  du château. La date de 1485 gravée sur la clef  d'une fenêtre de la tour sud précise l'époque exacte des travaux. C'est un château fort flanqué de 4 tours  et d'un pont levis  dont un chemin  de ronde mâchicoulis couronne les murailles. Construit en briques cuites sur place et en pierres blanches venues des carrières de Vernon, on relève sur l'appareillage une savante inclusion décorative de briques vernissées noires disposées en cœur, en croix, en losanges. Jacques de Martainville meurt vers 1510, sans fils,  son neveu Jacques,  second du nom,  hérite de toute sa fortune. Nommé aussi vicomte de l'eau, il entreprend de transformer radicalement le château de son oncle. Jacques II fait combler les fossés, établir une enceinte défensive ponctuée de tours, élargir les fenêtres, élever les toitures et fait surtout remanier la façade principale, le pont levis enlevé, cède la place à un élégant portail couronné d'arcs concave avec feuillages, l'inspiration flamande est évidente à cette époque. Au-dessus, la loggia à encorbellement correspond à la chapelle; elle est caractéristique de la fin du style gothique. L'art des Flandres se fait sentir aussi surtout dans ce qui est un chef d’œuvre au Château de Martainville à savoir les souches des cheminées extérieures qui ne comportent pas une pierre malgré un décor gothique extraordinaire. Elles sont toutes différentes dans leur composition d'arcs, de contreforts, de bandeaux... Mais vers le milieu du XVIe siècle, les troubles graves qui déchirent la région stoppent les bâtisseurs. Vers 1590, Henri IV se rendant à Fontaine le Bourg passe par Martainville et en chasse les troupes du duc de Parme. Au siècle suivant le nouveau seigneur de Martainville, Louis, vivant à la cour de Versailles, tire ses revenus de cette vaste exploitation agricole,  il agrandit les communs, l'intérieur des appartements est transformé au premier étage.
Martainville.jpgLe dernier des Martainville,  mort en 1757 sans héritier,  le château passe alors entre différentes familles et Il subit des déprédations successives, un marchand de bestiaux achète le logis & une partie des terres démembrées en 1905. Il coupe les alignements de chênes et se prépare à raser la demeure qui a souffert d'un long abandon et aussi de l'occupation prussienne, quand l'État la rachète in extremis. Mais tout le mobilier du château est déjà dispersé. Le conseil général, à partir de 1955,  fait procéder à la restauration de la demeure pour y installer un musée, à partir de 1965. C'est au fil des ans que patiemment ce château a retrouvé une toiture, des huisseries, des planchers, restauré  et entretenu par les Monuments historiques. Martainville-1.jpg
Depuis 1981, il abrite le musée départemental  des Traditions et Arts normands dont les collections ont un caractère exceptionnel  et retracent : l'évolution stylistique du mobilier régional  du XVe au XIXe siècle. Les pièces  de Haute époque notamment  des XVe  et XVIe siècles sont nombreuses  et de grande qualité. La présentation  des régions de Haute Normandie,  sous l'aspect d'intérieurs de fermes avec les meubles,  ustensiles et objets de la vie  quotidienne au  XIXe siècle. L'histoire du costume normand aux XVIIIe  et XIXe siècles.  De par leur caractère unique et harmonieux dans le temps,  ces collections acquises en un peu moins  de quarante ans, classent le château dans sa spécialité au tout premier plan du patrimoine régional.
Un beau diaporama du Château de Martainville ici.

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