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Bruno Daniel, je suis né le 08 mai 1965 à Les Damps, marié, 4 enfants et j'habite notre commune depuis 1993.

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 10:03

Letteguives (Eure) n'est, depuis une centaine d'années, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Si dans le temps, le village et ses alentours vivaient de l'activité du château de Bosc-Oursel, la commune reste aujourd'hui, autour de ses quelques fermes, toujours aussi rurale que par le passé. Ce qui lui va très bien.

Il est pourtant bien loin le temps où le château embauchait à tour de bras. « Jadis, y travaillaient des jardiniers, des aides-jardiniers, des responsables des basses-cours ou de la ferme, des bonnes à tout faire, des cuisinières... L'entretien du château demandait une main-d'œuvre importante et elle venait exclusivement du village » racontent les époux De Thieulloy, propriétaires de cette demeure discrète et posée au milieu d'un parc où les oiseaux peuvent n'en faire qu'à leur tête.
Letteguives.jpgConstruite au XVIIIe siècle par un ancêtre de la famille actuelle (de Lestanville),  la demeure a une histoire liée à celle de La Neuville Chant d'Oisel. En effet,  lors du mariage d'Anne Asselin Desparts (propriétaire du Château du Chant d'Oisel) avec Louis de Lestanville, la grille d'entrée du Château du Chant d'Oisel fut emportée et installée dans le parc du Château de Bosc Oursel, avec cette curieuse inscription : « Demulcet vitae taedia Cantus Avis » (Le chant de l’oiseau adoucit l’amertume de la vie) qui devint la devise de notre commune.
grille-Letteguives.jpg
Livrée aux Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle passe ensuite entre les mains des libérateurs canadiens, puis d'unités de transports américaines, tandis que le jardin se transforme quelque temps en camp de prisonniers pour soldats de la Wehrmacht. Il en reste encore des traces, et cela malgré toutes les restaurations faites depuis. Des marbres de cheminées cassés ou des traces de bidons sur le parquet et le parc ne ressemblait plus à rien…
Plus agréable, la préservation d'une feuille d'érable, l'emblème des Canadiens, dessinée et découpée en 1944, qui est restée depuis fixée au mur, juste cachée sous un des nombreux portraits de famille qui décorent les salles principales du château.
C'est donc après plusieurs années d'abandon, que le château a été repris en main par les actuels propriétaires, en 1956. Travaux et modernisations ont suivi, tout comme au village, mais séparément cette fois-ci, même si l'influence du château s'est fait à nouveau sentir, indirectement et cela par le biais de l'élection d'Hervé de Thieulloy au poste de maire en 1959. « J'ai été élu sans m'être présenté ! » Il le restera jusqu'en 2001. « J'ai géré, je pense, en bon père de famille ma commune. Pas de dépenses inutiles mais les travaux nécessaires ont été effectués. » Le côté rural a été préservé par choix, et les constructions se sont limitées à quelques dizaines de maisons. « Mais nous avons fait installer l'eau courante, enfouir les lignes électriques, fixer des pompes à incendies. Et lors du dernier mandat, il y a eu la construction de la salle des fêtes. » Voilà donc Letteguives prête à voir se dérouler le siècle à venir, dans une ruralité bien tranquille et bien reposante.

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