Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher

Signer le livre d'or

ICI

Profil

moi.jpeg

Bruno Daniel, je suis né le 08 mai 1965 à Les Damps, marié, 4 enfants et j'habite notre commune depuis 1993.

Contact

7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 16:00


Deux enfants de la commune de Gouy (seine maritime) allaient permettre en 1956 de prouver l'existence d'hommes il y a 10 à 20 000 ans à Gouy….c'est à dire à la Préhistoire. Explorant la colline à la recherche d'une rivière souterraine, les deux frères Martin découvrent une ouverture et pénètrent à l'intérieur d'une grotte. Cette grotte avait en fait été découverte en 1881 par deux Gauvassiens, Narcisse Reboursier, maçon, et Auguste Jamelin, cantonnier qui avaient inscrit leur nom sur la paroi, signant la date de leur passage.

Il ne subsiste de la grotte, aujourd'hui, qu'un couloir d'environ 12m sur 2m de largeur se rétrécissant vers le fond jusqu'à former une étroite fissure. La quasi-totalité des parois de cet étroit couloir,  a servi de support à des peintures (traces de coloration : ocre-rouge, jaune-orangé) et à de nombreuses incisions parmi lesquelles ont été reconnues des représentations animales (bovidé, cheval) et des signes claviformes, triangulaires ou énigmatiques. Ce sanctuaire, le plus septentrional actuellement connu, est daté par le mobilier lithique retrouvé du Paléolithique supérieur final de type nordique.

Entrée de la grotte au bord de la RN15 au pied du versant droit de la vallée de la Seine.

entree-de-la-grotte-de-gouy.jpgPhoto prise à Gouy le 5 September 2010 (© zigazou76 / Flickr)

 

La fouille de cette petite grotte paléolithique fut entreprise en 1968 par des équipes d'archéologues auxquelles furent ensuite associés les frères Martin. La cavité est abondamment ornée de gravures assez fortement incisées dans la roche. La première gravure mise à jour fut le cheval, qui est le plus achevé, puis plus tard d'autres animaux, silhouettes féminines, signes triangulaires, quadrillages. Des relevés et des moulages ont pu être effectués.gouy-cheval.jpgAujourd'hui, hélas, il nous est impossible d'aller admirer cette grotte, car devant la fragilité des roches et les difficultés pour préserver les gravures de toutes les érosions, l'entrée de la grotte fut murée et le silence a repris possession de ses vestiges.
Il aurait été plaisant de parler du mode de vie des premiers hommes de Gouy, mais les renseignements ne nous le permettent pas. Ce que l'on peut avancer, c'est que le fleuve avait un niveau plus élevé et que le climat s'y trouvait légèrement plus chaud. Le paysage était voisin de celui de la prairie et la flore comportait des herbes et des plantes tels que souchet, plantain, renoncule, œillet, et des arbres parmi lesquels prédominait le pin.

Mais les jours de Gouy sont comptés : la grotte est transpercée par des racines d'arbres qui, en grossissant, « risquent de disloquer les parois », s'inquiète Yves Martin, codécouvreur et spécialiste de la grotte. Car cette dernière, amputée d'une partie de sa surface par la construction d'une route dans les années 1930, est aujourd'hui très fragile : le calcaire supportant les gravures, friable, s'est déjà beaucoup détaché.

Comment expliquer un tel état ? Dans les années 1980, la grotte a été soumise à la lumière du jour : les gonds de sa porte ont été détruits lors d'une effraction et jamais réparés. Les algues vertes ont proliféré sur les parois. En 1996, les pouvoirs publics ont fini par lancer la construction d'un sas de protection. « Le coteau sous lequel se trouve la grotte a alors été nettoyé et replanté de frênes, explique Philippe Fajon, ingénieur au service régional d'archéologie de Haute-Normandie. Mais leurs racines se sont infiltrées à travers les fissures du plafond de la grotte. » Début 2000, un frêne a été coupé et un produit injecté pour en tuer les racines, sans succès. Les racines recouvrent depuis les parois sur plusieurs mètres dans une des salles. Et rien n'est fait pour y remédier.

 

 


Partager cet article

Repost 0

commentaires